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La puissance du lien

  • Photo du rédacteur: Philippe BARAN
    Philippe BARAN
  • 6 juil.
  • 3 min de lecture

J’ai eu récemment un appel du Tadjikistan qui m’a fait chaud au cœur. Il s’appelle Fransua, en souvenir du prénom du médecin français qui l’a mis au monde pendant la guerre civile à la chute de l’empire soviétique.

 

Il est aujourd’hui jeune professeur de mathématiques à Douchanbe. Je l’ai rencontré en 2018 lors de ma traversée du Pamir en solo jusqu’au mystérieux corridor de Wakhan, à la frontière de l’Afghanistan.

 

Je me souviens encore de ce moment où il m’a abordé dans le village de Vrang, tout au bout de cette vallée somptueuse dominée par les sommets de l’Hindou Kush.

 

Il m’a présenté sa famille, fait découvrir avec fierté cette incroyable culture si méconnue des ismaéliens, m’a parlé de l’amour de son pays malgré les difficultés de la vie. Sa famille m’a aidé quand je suis tombé malade, victime d’un morceau de viande scélérat.

 

Il y a 3 ans, c’est moi qui l’ai aidé financièrement pour sortir la tête de l’eau avec sa famille après le début de la guerre en Ukraine. 

 

Cet appel n’a duré que quelques minutes, lui et sa famille voulaient juste savoir si j’allais bien. Quelques minutes qui ont fait rejaillir tous ces souvenirs si forts dans un pays où l’accueil de l’étranger confère au sacré. 

 

Quand je repense au Tadjikistan, ce ne sont pas les images des montagnes ou des steppes qui émergent spontanément. Les images qui apparaissent sont des visages, ceux de Fransua, Wlad le russe fantasque, Alkhara le vieux sage en noir, Ludmila la douce et rebelle nomade. 

 

Autant de rencontres qui m’ont profondément touché, des images et des sensations qui se sont imprégnés en moi et constituent des ressources précieuses, toujours disponibles au fond du cœur.

 


La puissance du lien

A travers mes marches et mes voyages, je mesure la puissance des liens et des rencontres pour se transformer en conscience. Non, l’enfer, ce ne sont pas les autres. Je crois que l’on se construit au travers des autres, à toutes les étapes de sa vie.

 

C’est ce qui renforce notre sentiment d’appartenance au monde, fait grandir la confiance, éveille la conscience de soi, développe notre ouverture aux autres.

Les liens se tissent par l’expérience vécue, par l’ouverture du cœur, par l’accueil de l’imprévu, par l’acceptation si difficile de la différence.

 

Dans tous mes voyages, c’est toujours ce qui m’a permis de me connecter au vrai, au vivant en moi et autour de moi.

 

Les différents types de lien 

Le lien avec soi-même : il est difficile de se connecter aux autres de façon juste si je ne suis pas relié à moi-même. C’est-à-dire avoir accès à ses ressentis, avoir conscience de ses ombres et de sa lumière. Je crois que tout part de la conscience de soi, au-delà des histoires que je me raconte en boucle.


  • Le lien aux autres, qui passe par l’ouverture, l’acceptation de la différence, l’authenticité, la partage, l’écoute profonde sans chercher systématiquement à marquer son territoire.


  • Le lien au monde, à tout ce qui m’entoure et me définit aussi. C’est le lien avec le vivant, la nature et surtout l’espace qui s’offre à moi. Cet espace extérieur qui permet de façonner mon espace intérieur.

L’exploration de ces différents liens fait partie intégrante de l’expérience de la marche transformatrice. Elle crée les conditions d’une meilleure connaissance et conscience de soi, modifie les rapports aux autres, change le regard sur le monde en sortant des éternels conditionnements.

 

Mes plus beaux souvenirs de marches et de voyages sont ceux où la rencontre a déclenché en moi un mouvement intérieur qui m’a rendu créatif, léger, apaisé et surtout pleinement vivant.



 
 
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